Mercredi 2 février 2011
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autour de son roman Corps
Mercredi 16 février
à 18h30
à la Bibliothèque Centre ville
en partenariat avec la Bibliothèque Municipale, le Printemps du livre de Grenoble et la librairie La Dérive
Monika est esthéticienne dans une petite ville. Elle observe les corps des clientes, une fois les vêtements et les masques tombés.
Elle parle peu, mais note les souvenirs, les silences qui en disent long, les aveux murmurés. Peu à peu montent à la surface du texte des bulles de récit. Un roman du corps, où s'inscrivent tous
nos secrets.
Extrait
Les femmes sortent des petites filles qu'elles ont été. Je me demande quels modèles elles ont eus dans leur enfance, une cousine
avec une coiffure qu'elles ont ensuite imitée, une voisine avec des mots bien à elle qu'elles se sont ensuite réappropriés. Moi, mon modèle, c'était Else. Je ne serais jamais devenue ce que je
suis sans ma grande soeur. J'aurais poussé de travers dans tous les sens ne sachant de quel côté me porter. Je n'aurais pas su quelles robes étaient jolies, quelles camarades je devais
fréquenter, mes phrases n'auraient pas eu de syntaxe propre, j'aurais parlé une langue fade, blanche. Son influence, elle l'exerçait dans tous les domaines, le jeu, l'apparence, le goût. Surtout
le langage.
Corps, p.45
Bibliographie
Corps, éditions Buchet-Chastel, 2010
Des Louves, Buchet-Chastel, 2007, Points, 2008
Les Après-midi, ça devrait pas exister, Buchet-Chastel, 2004
Par rives et dérives
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Vendredi 14 janvier 2011
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vendredi 21 janvier
à 18h30
à la Librairie La Dérive
Dans Bonheur fantôme, le lecteur suit les pas et les pensées de Pierre, un jeune homme qui a quitté
sa vie parisienne pour « redevenir sauvage ». Un peu de brocante pour gagner trois sous, l'amitié de sa vieille voisine Paulette, des souvenirs bien noirs, une histoire d'amour qui
glisse entre les lignes, enfin la biographie qu'il entreprend d'écrire sur une peintre animalière répondant au doux nom de Rosa Bonheur !
Extrait
Il fait doux. L'hiver donne des signes de faiblesse, peut-être trompeurs. Le pommier de mon jardin sera bientôt en fleur. Cette
année, j'espère qu'il ira jusqu'au bout de son projet et donnera des fruits. L'an dernier, j'ai vu fleurir pour la première fois un arbre qui était à moi. Émerveillement du jardinier débutant :
j'en étais fier comme si j'avais fécondé chaque bourgeon moi-même. Mais en juin, il a tout avorté. Un coup de froid, un coup de pluie et hop, c'est l'autodafé. Paulette dit que c'est normal. Que
les pommes, c'est un an sur deux.
Chez Paulette, il m'arrive d'aller chercher en urgence quelque chose à manger, des légumes quand j'en ai marre de mes patates
glanées, des oeufs, parfois un lapin. Elle préfère qu'on lui commande un peu à l'avance, ça lui laisse, comme elle dit, le temps de se retourner. J'aime bien l'entendre dire ça. On dirait qu'il
lui faut se préparer psychologiquement, ou réfléchir à une stratégie d'attaque. À chaque fois, j'ai l'impression de passer un contrat avec la mafia.
Bonheur fantôme, p.79
Bibliographie sélective
Comment (bien) rater ses vacances, éditions du Rouergue, collection DoAdo, 2010
Bonheur fantôme, éditions du Rouergue, collection La Brune, 2009
N'importe où hors de ce monde, Oskar jeunesse, 2009
Né sur X, éditions Thierry Magnier, 2008
Point de côté, éditions Thierry Magnier, 2006
Par rives et dérives
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Mardi 30 novembre 2010
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Mercredi 15 décembre
à 18h30
Bibliothèque du Centre-ville
autour de son roman
Un homme louche
Avec Un homme louche, publié chez Verticales, François Beaune a reçu en 2010 le
prix Rhône-Alpes du livre.
Ce premier roman prend la forme d'un journal tenu par le narrateur, Jean-Daniel Dugommier, à deux moments de sa vie.
D'abord adolescent solitaire, il note minutieusement les petits faits familiaux et villageois, se questionne sur lui-même. Vingt-cinq ans plus tard, Jean-Daniel a repris le labeur d'écriture. Une
histoire qui louche vers le foisonnement et l'humour noir.
Extrait
Mardi 29 avril 2008
J'ai choisi les pages blanches cette fois. En relisant mon enfance coincée derrière les carreaux d'écolier, je me suis revu, et ensuite je me suis vu, aujourd’hui, vingt-cinq ans plus tard, et
j'ai écrit sur la nappe : « Je suis un petit homme limité. » Mais maintenant c'est fini les carreaux, les barreaux. Je veux de la feuille vide où m'étaler. Je veux tout l'espace
disponible.
En tant que correcteur de presse, je travaille chez moi. Je suis souvent à la maison. Mon bureau est recouvert de deux nappes en papier légèrement gondolées, que je récupère au
restaurant. Elles sont scotchées l'une à l'autre. J'ai pris l'habitude de griffonner dessus.
Je suis un petit homme limité d'accord. Mais je vous vois. De ma haute cachette, j'ai des antennes braquées partout sur la ville.
Un homme
louche, p.169.
A noter :
François Beaune a fondé plusieurs revues « sous réalistes » dont Louche, feuilleton numérique, et le fanzine collectif Gonzo.
Avec Un homme louche, il signe son premier roman, qui a obtenu le Prix Rhône-Alpes du livre 2010, dans la catégorie littérature.
Par rives et dérives
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Mardi 25 mai 2010
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Vendredi 4 juin à 18h30
Librairie La Dérive
autour de son roman
Eclats d'enfance
Depuis son premier livre, Le Père de la petite, et La Femme de l'Allemand, parus aux éditions
Arléa, Marie Sizun explore la famille et le monde de l'enfance, décrivant les peurs et les hésitations, les tourmentes intérieures. Elle a publié récemment Eclats d'enfance, une quête où
la déambulation, au fil des rues et des émotions, reconstitue le puzzle des souvenirs.
Extrait
On peut aller très loin, depuis la rue Haxo. Loin. Vers des régions inconnues. Il suffit de descendre, de marcher vers le bleu, là-bas, l'infini.
Elle a quatre ans, cette fois. C'est sa mère qui va l'emmener pour ce premier voyage à pied hors du quartier. Ce premier voyage hors les murs. Elle s'en souviendra. C'est un drôle de moment. Une
drôle d'époque aussi. Le père n'est pas encore rentré de la guerre, mais on dit qu'il va revenir. Il arrive que la mère en parle. Il arrive que la mère soit inquiète. Mais l'enfant n'écoute pas.
N'entend pas.
C'est l'été, il fait chaud, une des ces journées étouffantes de Paris où l'on voudrait être ailleurs, partir. La mère décide d'aller avec sa petite jusqu'aux Buttes-Rouges, ce grand jardin
public, aux confins du Pré-Saint-Gervais. C'est loin, mais l'air, là-bas, sera meilleur, dit-elle. Ici on ne respire pas...
Eclats d'enfance, p. 53
Bibliographie
Le Père de la petite, roman, 2005 (prix Librecourt 2008)
La Femme de l'Allemand, roman, 2007, prix des lectrices de ELLE 2008, prix du Télégramme 2008
Jeux croisés, roman, 2009
Eclats d'enfance, récit, 2009
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Vendredi 12 mars 2010
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mercredi 7 avril 2010, 18h30
Librairie La Dérive
autour de son roman
La Cascade aux miroirs
Autodidacte et voyageur, André Bucher a posé son sac voilà près de trente ans dans la vallée du Jabron. L'ancien routier-berger-bûcheron-docker-ouvrier y exerce le métier de paysan et de veilleur
de la forêt. Il y pratique aussi l'écriture, et a publié en quelques années plusieurs romans remarqués. La nature somptueuse y est omniprésente, et ses personnages cabossés par la vie s'efforcent
d'y vivre malgré la rudesse de leur vie. Il a publié en 2009 La Cascade aux miroirs.
Extrait
La nuit, délicatement, s'abîmait dans la mer. Une lumière douloureuse courait le long de l'échine opalescente des
vagues en tressaillant tel un électroencéphalogramme survolté. Quelques rares mouettes trouaient encore de leur ventre blanc, de leurs cris aigres, le ciel et la mer entremêlés.
A peine si l'homme bougeait, médusé, comme reconstitué. On aurait dit un fantôme en médaillon, diminuée par le jeu des ombres. Sans doute quelqu'un de solitaire, au bout de la jetée. Il devait être
question d'y construire un phare car une grue cambrait le buste, digne girafe ou divin échassier soignant son port de tête, fanal rosissant dans le semi-obscur ensommeillé. Cet homme paraissait
minuscule, à ses pieds.
La Cascade aux miroirs (incipit, p. 13)
Bibliographie
La Cascade aux miroirs, éditions Denoël, 2009
Déneiger le ciel, éditions Sabine Wespieser, 2007
Pays à vendre, éditions Sabine Wespieser, 2005
Le Cabaret aux oiseaux, éditions Sabine Wespieser, 2004
Le Pays qui vient de loin, éditions Sabine Wespieser, 2003
Par rives et dérives
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